Bibliothèque : Et tu deviendras médiateur et peut-être philosophe
le 14/2/2008 20:40:00 (6954 lectures)
Essai modernisé sur l'allégorie de la caverne - Livre VII de la République, par Platon
Le changement, désiré ou non, est un sujet qui touche les activités humaines. Les conflits impliquent des changements de croyances, de postures, de modes de vie. De la nécessaire adaptation à la pénible rupture, lorsque nous sommes conduits à acquérir une compétence nouvelle ou que nous devons faire face à une situation que nous n’avons pas désirée, nous devons intégrer un changement. Parfois, ce changement est violent. Perturbant, voire bouleversant en soi avant ou en même temps qu’il est violent dans la vie extérieure. Il implique une rupture avec toutes nos habitudes, manières de penser, d’être et manières de faire. Peut-on faire le chemin seul ou doit-on être accompagné ? Seul est un choix illusoire, fait en aveugle…
Cet ouvrage est une approche de l’accompagnement du changement. Changement dans la vie. Changement de vie. Il implique une réflexion concernant celui qui change et celui qui accompagne.
Il propose une vulgarisation d’un texte de référence en matière de philosophie, d’où émerge la médiation.
Pour une profession éthique, un médiateur, une mission, un résultat
La philosophie ? Un grand mot qui est souvent confondu aujourd’hui avec les idéologies. La philosophie est une et une seule. Elle s’écrit sans majuscule : c’est une recherche en soi, dans les relations avec soi, le monde et les autres, dans ses perceptions, ses réflexions et ses expressions, la préférence de la sagesse. La philosophie n’est pas la sagesse, c’est aimer la sagesse ; c’est rechercher l’apaisement, la sérénité dans les moments de trouble et, évidemment, de conflit ; ce n’est pas prétendre détenir la sagesse, ce n’est pas faire la morale, donner de bon conseil. En cela, la médiation appliquée dans les situations conflictuelles en est une conception contemporaine. Une discipline nouvelle qui doit tout à la lente évolution de la pensée, à la mise en pratique des savoirs faire et savoirs être et rien aux grilles normatives ou interprétatives de l’humain et de son fonctionnement. Elle est centrée sur les personnes , leur prise de responsabilité et de décision.
J’aurais aimé avoir l’ambition d’un propos sur la sagesse et pouvoir dire une manière géniale de vivre le changement, pouvoir donner une leçon qui porte. Mais le chemin est plus rude. La nécessité du changement est déroutante.
Ma présentation de cette allégorie issue de la tradition pythagoricienne, l’allégorie de la caverne , et que l’on retrouve dans le livre VII de la République de Platon, n’est pas conforme à l’enseignement tel qu’il est dispensé dans les écoles. Je la publie pour populariser cette actualisation. Si cette approche est perçue provocatrice, c’est parce qu’elle propose une autre voie, ce qui est le sens de la provocation . Le lecteur averti saura en tirer profit pour sa compréhension de l’action du médiateur.
La réflexion proposée dans ces pages impacte sur les conceptions diverses de la médiation, inspirées, à l’insu de leurs auteurs, de l’influence des courants de pensée sur la représentation d’une personne auquels ils adhérent : la spiritualité, le juridique et la psychologie, lesquels se marient ou s’amalgament souvent pour aboutir à des conceptions complexes et nous éloigner de ce qui fait le fondamental de l’humain. En principal, à chacun de ses courants de pensée correspond une conception de la médiation, lui imposant des conditions et des limites, tandis que la médiation est une affaire d’accompagnement inconditionnel, une discipline qui s’appuie sur ce qui fait l’essentiel de l’humain, la capacité de raisonner, l’égalité des droits et l’accueil de la diversité.
Aussi, le lecteur qui imagine pouvoir en faire une lecture rapide et vite en retirer la portée se trompe d’ouvrage. Autant le dire tout de suite. Ce petit ouvrage n’est pas sans effet. Il n’est pas neutre. Il sera pénible aux yeux de ceux qui sont pressés. Il s’adresse aux personnes qui vont prendre le temps de réfléchir. Il dispense le point de vue du médiateur qui dévoile le fondement de son positionnement.